Trois mois après Gezani, Toamasina est en quête d’espoir

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Le cyclone est passé, mais ses traces demeurent partout. À Toamasina, les habitants disent que le vent s’est tu, mais que le silence qui a suivi est encore plus lourd. Trois mois plus tard, la ville vit toujours au rythme des ruines et des espoirs.

Au lycée Jacques Rabemananjara, déjà marqué par le temps, les murs fissurés craquent à chaque brise. Trop dangereux pour accueillir les élèves, certaines salles ont été abandonnées. Dans la cour, des tentes provisoires servent désormais de classes. « On apprend malgré tout », souffle un professeur, conscient que l’éducation se poursuit dans des conditions précaires. Dans les écoles privées, les toits arrachés et les vitres brisées n’ont pas encore été remplacés. À chaque averse, les cahiers s’humidifient, mais les enfants continuent d’écrire, obstinés. 

Dans les quartiers populaires, les vieilles bâtisses n’ont pas résisté. Les habitants racontent comment ils ont dû rebâtir leurs cases, parfois les larmes aux yeux, avec des morceaux de bois et de tôles récupérées. « Dans cette cour, il y avait cinq cases construites en 2022. Le lendemain du passage de Gezani, il ne restait plus qu’un mur debout », décrit une habitante de Tanamakoa. Pour les familles les plus pauvres, Gezani n’a pas seulement détruit des murs : il a révélé une fragilité ancienne. 

Parmi ces familles se trouvent les parents de jeunes accompagnés par le programme SESAME. « Nous n’avions presque rien avant, maintenant nous avons encore moins », confie la grand-mère d’un étudiant, assise devant une vieille armoire sans porte, au miroir brisé. Elle raconte que la catastrophe a transformé l’angoisse de son petit-fils en sens des responsabilités. Pour lui, réussir ses études n’est plus seulement un objectif personnel : c’est devenu un devoir envers ses proches, une bouée de sauvetage pour toute la famille. 

Conscients de cette charge lors de leur passage à Toamasina pour la sélection de la promotion 2027, les éducateurs de SESAME rappellent que la reconstruction ne se joue pas seulement dans les murs, mais aussi dans les esprits. Ils ont ainsi organisé des séances d’« école des parents » afin de renforcer le rôle des familles : « L’équilibre des jeunes dépend d’abord de la force de leurs proches qui croient en eux ». Ces rencontres permettent aussi aux éducateurs de mieux comprendre certains comportements des jeunes, en recueillant des témoignages auprès des familles, afin de les accompagner plus efficacement dans leur parcours. 

A Toamasina, le temps est désormais à la reconstruction. Elle se lit dans les regards des élèves sous les tentes, dans les mains calleuses des parents qui rebâtissent, et dans les voix des éducateurs qui encouragent. Une autre histoire est en train de s’écrire : celle de jeunes qui transforment la douleur en force de résilience. 

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